Première expérience de woofing…

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Au cours de notre voyage, nous avons choisi de devenir woofers pendant quelques jours. Le principe consiste à travailler quelques heures par jours en échange du gîte et du couvert. Nous sommes inscrits sur le site internet du réseau woofing Chili qui pour la somme de 45 euros nous a envoyé par mail la liste des différents lieux susceptibles de nous accueillir au Chili. Ce réseau existe dans de nombreux pays, dont la France.

Nous avons choisi de tenter l’expérience du woofing pour plusieurs raisons. La première est financière, car le coût de la vie au Chili est quasiment aussi élevé qu’en France. La deuxième concerne notre envie de voyager différemment: pouvoir se poser à un endroit, partager la vie locale, tisser des liens privilégiés, apprendre des choses et vivre de nouvelles expériences.

Ainsi nous sommes devenus bergers auprès des chèvres!

C’est avec une pointe d’appréhension, mais plein d’enthousiasme que nous empruntons un bus, puis un taxi collectif pour nous rendre chez Aldo Vitali, notre hôte pour les dix prochains jours.

1er jour: Installation et visite des lieux

Notre première journée se résume à faire connaissance avec Aldo (propriétaire de la ferme et d’une soixantaine de chèvres), Victor (un employé de notre âge qui travaille à la ferme depuis deux semaines) et Carmen (en charge de la vente du fromage et des produits de la boutique).

Après la visite de la propriété, nous installons notre chambre. Le confort est rudimentaire, mais nous nous y sentons bien, sans doute les “buena onda”, comme on dit ici.

Deuxième jour: travaux pratiques

C’est le lendemain que les choses sérieuses commencent. Petite surprise au réveil, une des chaussettes de Pierre a disparue..bizarre bizarre…

Tandis que Victor assure la traite (à la machine), nous nourrissons tour à tour les différents animaux de la ferme accompagné d’Aldo pour cette première fois : poules, oies, dindons, canards, cochons et sangliers, lama, lapins et ma partie préférée nous donnons le biberon aux petits chevreaux!

Nous poursuivons par le tri de bouteilles et bidons en plastiques que des précédents woofers ont installé lors de la plantation d’arbre fruitiers pour l’arrosage et la diffusion de l’engrais (pour les spécialistes: le PET résiste bien aux conditions extérieures, mais pas le PE qui se disloque en plein de petits bouts, petite dédicace au carré du 5 😉 )

Nous nous rendons compte que le travail d’Aldo n’est pas toujours une partie de plaisir: une chèvre est malade, il est nécessaire de l’abattre, car les soins par antibiotiques sont compliqués, couteux et posent problème pour le lait et la viande. Une autre chèvre meure des suites de son accouchement, elle est jetée en nourriture aux cochons, qui n’en font qu’une bouchée comme dans Jurassic Park! C’est la dure loi de la jungle, pardon, de la ferme!

On bichonne le chevreau orphelin qui deviendra notre Chouchou avant de trouver une maman chèvre adoptive, ouf!

Pour se remettre de toutes ses émotions, Carmen nous a préparé une cassuela, un plat typiquement chilien qui se présente sous forme d’une soupe avec morceaux de viandes et de légumes: muy rico! (délicieux)

Le soir, nous sommes quasiment autonome pour nourrir de nouveaux tous les animaux. Pierre s’initie à la traite à la main, et se débrouille plutôt bien, tandis que je me contente de donner les biberons remplis!

3ème jour: Première sortie

Nous sommes sur le pont à 8h mais personne n’est là. Nous prenons l’initiative de nourrir les animaux. Un peu plus tard, Aldo nous rejoint et nous apprend que Victor est malade, il ne viendra pas travailler aujourd’hui. Aldo doit partir vendre des fromage au collège de son fils, donc nous allons devoir nous debrouiller comme des grands pour le pâturage des chèvres! Aldo nous prête un téléphone portable, et nous glisse dans la poche quelques chocolats. Je ne sais pas pour Pierre, mais moi je n’en mène pas large, mais pas le temps de réfléchir, les chèvres, sans doute affamées par l’heure tardive s’élancent dans la campagne.

Il serait plus juste de dire que cette fois-ci, ce sont les chèvres qui nous ont promenés et non l’inverse. Heureusement, les chiens, qui ont tous le même nom (Pastor), connaissent bien leur job. Lorsque le soleil est au rendez-vous, la balade est bien agréable.

Nous rentrons les chevres en milieu de journée. Le temps de finir la cassuela pour le déjeuner, de discuter un peu avec Carmen, et il est déjà l’heure de repartir (les chevres ont besoin de deux fois 3h de pâturage quotidien).

Petit moment de flottement, Pierre a égaré le portable d’Aldo pendant la sortie du matin… Miraculeusement, Pierre le retrouve au milieu de l’herbe après 30 min de recherche minutieuse dans la campagne, ouf!

Le soir, rebolotte, il faut nourrir tous les animaux et nous nous en chargeons puisqu’Aldo n’est toujours pas rentré.

Mission accomplie, il est déjà 19h30!

Pierre, porté par sa chance tente de faire du pain, ce qui selon moi relève de l’exploit, car: la recette est arrivée par sms, mais dans le désordre, il n’y a ni balance, ni indication de thermostat sur le four. Le résultat est vraiment pas mal, on se régale! Face à ce succès, il réitéra, presque tous les jours, en améliorant chaque fois sa recette.

4ème jour: Un heureux évènement

A notre réveil, mes deux chaussettes ont disparu! bizarre, bizarre…

Nous sommes autonome dans la distribution de la nourriture aux animaux, Aldo vient juste pour s’occuper de la traite, qui nécessite des procédures spécifiques afin de respecter les normes d’hygiène.
Nous emmenons les chèvres pâturer le matin. Nous ne sommes pas trop de 2 pour les diriger, mais nous sommes tout de même un peu plus serein que la veille. Cependant, un heureux évenement nous tombe dessus.
Une chèvre met bas de deux petits chevreaux, en plein milieu de la campagne ! Les trois se portent bien, et nous les ramenons en urgence à l’étable. Que d’émotions!

Pierre s’aperçoit que le petit chiot (sans doute Pastor Junior) tête le lait d’une chevre. Aldo nous expliquera que c’est de cette manière que sont élevés les chiens de berger afin de créer un lien avec les chèvres.

L’après midi, pendant le pâturage, Pierre raccompagne trois petits chevreaux récalcitrants aux étables. Il mettra presque une heure à retrouver toute la troupe dans la campagne chilienne!

Le soir nous goutons enfin le lait de chevre, pas mal. Le “goût de chèvre” est bien présent!

Jour 5: On se sent comme chez nous!

Victor est revenu est prend en charge les chèvres. De notre côté, nous faisons le “tri des dechet”. Aldo récupère les déchets plastique des alentours pour les transformer en materiaux de construction. Les bouteilles de plastique , bourrées de sacs plastiques et autres emballages, font un très bon isolant que l’ont peut utiliser, recouvert de terre séchée, pour construire des bâtiments. Aujourd’hui c’est un ami d’Aldo qui construit sa maison et qui a besoin de Tetrapack.

Le midi nous mangeons encore de la bonne viande de la ferme: Sébastian le cochon…ici quand on mange de la viande, elle a souvent un prénom 😉

Aldo doit être satisfait de notre travail parce qu’il nous ravitaille de plus en plus: viande, légumes, oeufs, et même un bonne bouteille de vin aujourdhui.

L’après-midi, alors que nous emmenons les chèvres pâturées, le vendeur de fruit du bord de route appelle pierre “le berger”, et nous offre des oranges.

Jour 6: Visites médicales

Après le pâturage du matin, c’est visites médicales pour les chèvres. Le vétérinaire coupe les cornes de certaines d’entre elles, qui ne manquent pas de se débattre malgré l’anésthésie locale. Je tente de réaliser des crêpes au lait de chèvres. Au feeling, car pas de recette, et des conditions spartiates, mais elles sont plutôt savoureuses! On se fera même un petit plaisir : crêpe banane-chocolat!

Au moment de se coucher, Pierre aperçoit une petite souris! Le mystère du voleur de chaussettes est enfin percé. On ne parvient cependant pas à négocier pour qu’elle nous rende nos chaussettes. Cela fait bien rire Aldo et Victor qui pensent qu’elle en a fait des sacs de couchages pour sa petite famille.

7ème jour: A chaque jour suffit sa peine!

Ce matin Aldo nous confie un petit travail de peinture avant d’aller pâturer avec les chèvres. Nous repeignons le mur extérieur du logement des volontaires avec de la chaux pour qu’il resiste mieux à l’humidité.
L’après midi c’est Victor qui prends en charge les chèvres, tandis que nous nettoyons les étables…dur dur, nous aurons le temps de n’en nettoyer qu’une sur les 5! il faut dire que Pierre a beaucoup papoté avec Victor, avec qui il commence à bien sympathiser.

8ème jour: Il pleut, il mouille…

Aujourd’hui, il pleut ! Les chêvres sortent mais reviennent d’elle même au bout d’une demi-heure. Pierre devait continuer à nettoyer les étables mais ca semble vite compromis car les chêvres sont à l’intérieur et ca ne parait pas raisonnable de travailler avec le temps qu’il fait.
Du coup, Pierre et Victor allument le poele à bois et passent toute l’après-midi à discuter et à échanger de la musique.

Nous avons une fuite dans le toit de notre chambre, pile au dessus du lit…Pierre arrive à dévier les gouttes vers un seau avec un bout de ficelle (tel Mac Gyver!) Ca suffira pour le moment, faute de mieux!

De mon côté je suis embauchée toute la journée pour faire le fromage avec Aldo. Pierre me rejoint dans la soirée pour les étapes de séparation du petit lait et de mise en forme. Nous finirons à 1h du mat, fatigués mais satisfaits.

9ème jour: Grâce mat’

Le matin nous nous autorisons une petite grasse mat’ jusqu’à 9h et nous allons promener les chèvres. La nuit a été fraîche et les sommets environnants sont enneigés.

L’après-midi, Victor s’occupe de les faire pâturer mais au retour un petit chevreau manque à l’appel : notre petit chouchou!! Nous partons tous les trois à sa recherche et nous le retrouverons juste avant la tombée de la nuit. Nous sommes tellement content de l’avoir retrouvé que Pierre ne dit rien quand le petit chevreau se soulage dans ses bras. Il aurait eu peu de chance de survivre une nuit dehors, à cause des renards et du froid.

10ème jour: On profite, c’est bientôt la fin

Dernier jour de travail, aujourd’hui ce sont les brebis qui nous on échappées…une demi heure de marche pour les retrouver et autant pour réussir à les faire rejoindre le troupeau!

Le soir Aldo passe nous voir avec du fromage frais que l’on a fait avec lui il y a 2 jours, et du vin. Accompagné du pain frais que Pierre a fait, c’est un régal. Nous passons une bonne partie de la soirée à discuter avec lui, et on ne s’embête pas une seconde. Un sacré personnage, plein d’humour et avec de l’énergie à revendre!

11ème jour: Le départ

C’est le jour du départ mais nous ne pouvons nous empêcher de nourrir les animaux pour les voir une dernière fois.
Aldo embauche Pierre pour porter et décaper des vielles machines de son grand père qu’il veut mettre dans la boutique comme déco.
Nous avons aussi pas mal de boulot pour nettoyer vétements et chaussures après 10 jours à patauger dans la gadoue.

Finalement nous ne partirons qu’en fin d’aprèm, avec une petite boule au ventre. Dur dur de quitter tout ce beau monde (animaux inclus) mais pas mécontent de retourner dans la civilisation pour retrouver un peu de confort.

Pour clore cet article, Pierre vous propose un petite visite guidée de la ferme.

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13 responses »

  1. Géniale cette expérience de Woofing, ça donne trop envie 🙂 Et puis la compagne est tellement belle ! Et chaque jour différent !
    C’est toujours un plaisir de vous lire et de vous suivre.

    Au fait, comment vous faites pour poster vos articles alors que vous semblez en permanence dans des déserts technologiques ?

    • Ouai, on a vraiment été convaincus par cette première expérience de woofing. On a eu la chance de tomber chez des gens très sympa !
      Pour internet, on a eu le wifi dans la majorité des auberges de jeunesse où on a été au Pérou et au Chili. En Bolivie, c’était un peu plus rare par contre…
      A+

  2. Super ce séjour dans la campagne chilienne!
    Mes félicitations pour avoir réussi à trouver un Hotspot WiFi pour envoyer une vidéo de 9mn… lol. Profitez-bien de la suite, j’espère que vous pourrez faire tomber les bonnets en Australie finalement ! 🙂
    Bisous

  3. salut Gégé! (et Pierre que je ne connais pas, enchantée!)
    excellent de pouvoir suivre vos aventures à l’autre bout du monde! grâce à vous ma journée d’astreinte à belfort m’a paru moins monotone! quel plaisir de découvrir vos expériences, un réel retour à l’authentique!!! rien de tel pour décompresser! ça a l’air fabuleux. Le bond en Australie a dû sacrément vous dépayser des chèvres 😉 j’espère que vous le vivez bien malgré tout!
    gros bisous et à bientôt
    LH

    • On en prend un peu plein les yeux effectivement, et j’ai parfois l’impression que les changements se font sans transition! Mais c’est que du bonheur, même si je croise une douche que tous les 3 ou 4 jours, froide et sans porte!! 😉
      Bisous

  4. ah ah énorme cette vidéo à la ferme, ça rappelle l’enfance!
    en gros le résumé: gégé fait la vaisselle et sysmo glande dehors..bravo la parité!

    bon eh sysmo t’as eu l’occaze de bouffer du chavroux toute la semaine j’imagine??!!!

    gros becos (avé l’accent espanol)

  5. coucou ma gégé!!! et Pierre!!!
    Super votre expérience… ça donne envie de tout plaquer et venir vous retrouver…
    Pierre tu as un certain talent pour le documentaire filmé 😉 Des bisous bonne continuation…
    Mag

  6. Hola les voyageurs!
    Etes vous bien rentres? Pas trop dur le retour à la réalité?
    Votre blog est super, on ressent bien l’atmosphère …
    Nous sommes en voyage, sur les routes de l ‘Argentine pour le moment, mais nous gagnerons le Chili pour décembre. Ce type de ferme wwof, avec des chevres et du fromage nous botte particulierement! Pourriez vous partager le contact de cette ferme … en bon voyageurs que vous etes ^^?
    Bonne continuation.
    “Merci de l’attention que vous porterez à notre demande” 😉
    Lauriane et Clémence

    • Hola,
      Effectivement, nous ne sommes toujours pas rentré (je viens de voir votre second commentaire).
      Nous n’avons pas eu le temps de passer en Argentine, mais je pense que ca doit être magnifique aussi, ca sera pour un prochain voyage 😉
      Je vous recommande vivement la ferme d’Aldo, dans laquelle nous avons fait du woofing. C’était une des meilleur expérience de notre voyage ! Je vous envoi le contact par mail, avec plus de détail.
      Bonne route!

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