Rendez-vous en terre inconnue avec les Birmans

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Nous quittons Ayuthaya, au petit matin du samedi 15 décembre 2012, direction Mae Sot, une petite ville au Nord Ouest de la Thaïlande, à quelques pas de la frontière birmane. En chemin nous traversons plusieurs barrages policiers qui vérifient que les papiers d’identités des passagers sont en règles. Nous atteignons Mae Sot peu avant le coucher du soleil.

Nous rencontrons un chauffeur de taxi sympathique qui téléphone à l’orphelinat pour se faire indiquer la route, et nous dépose sans détour. En effet, plus que satisfaits par nos précédentes expériences en Woofing (la ferme de chèvres au Chili) et avec HelpX (dans une famille en Australie), nous avons choisi d’être volontaires pour deux semaines dans un orphelinat.

Mais avant de raconter à proprement parlé cette expérience, quelques mots sur la situation particulière de la ville de Mae Sot s’imposent. J’imagine que la situation est sans doute similaire dans tous les lieux proches de zones frontalières de “conflits”, mais c’est pour ma part ma première expérience en la matière.

Comme nous le raconterons un peu plus tard, nous pouvons, depuis Mae Sot, traverser à pied le pont de l’amitié et fouler le sol birman, cette proximité confère donc une ambiance toute particulière à Mae Sot.

La situation en Birmanie est assez complexe, et même en échangeant quotidiennement avec Sabine, la responsable de l’orphelinat, beaucoup de choses nous échappent.

En Birmanie (ou Myanmar, on ne sait pas trop quel nom il convient d’adopter), la dictature qui sévit a poussé de nombreux birmans à quitter le pays pour se réfugier en Thaïlande. La répression est omniprésente, comme l’attestent d’anciens prisonniers politiques birmans. Pierre les a rencontrés lors de la visite de leurs expositions qui dénonce, à l’aide de plusieurs documents et de témoignages, le climat insupportable : arrestations de tous les birmans engagés dans un mouvement politique d’opposition, répression de certaines ethnies, détentions dans des conditions inhumaines, actes de tortures, disparitions …

La plupart des réfugiés n’ont pas de papiers, ou alors de simples “titres” qui leurs permettent de résider pour un temps donné dans une région bien précise de la Thaïlande. Il semble exister certains arrangements entre la police locale et les réfugiés, notamment avec les réfugiés qui travaillent dans les usines. En revanche c’est plutôt tolérance zéro avec la police de Bangkok. L’ambiance est donc toute particulière, car la vie semble à la fois suivre son cours, et en même temps reste liée au rythme des annonces (effectives ou pas) de l’arrivée de la police de Bangkok.

Sabine et son mari nous déconseillerons certains chemins une fois la nuit tombée, car les réfugiés se cachent dans la campagne, et rencontrent parfois des “policiers” sans uniforme pas des plus sympathiques. Sur les routes principales, il n’est pas rare de voir des barrages mobiles de police.

Au delà de ces “détails”, la vie continue. Les adultes peuvent travailler dans les nombreuses usines qui fabriquent différents objets (tasse, tongs, habits, etc.) et les enfants birmans sont plutôt bien acceptés dans les écoles. Ils sont mêmes majoritaires à Mae Sot. La transition doit être assez difficile pour eux, car on y parle le thai, une langue bien différente de la leur, et que bien souvent ils ne connaissent pas. Ils apprennent également l’anglais. Le plus souvent les écoles gratuites sont des écoles catholiques. Les enfants ont donc des prières et des cours de catéchisme, plus ou moins intenses selon les écoles (certains jusqu’à 1h par jour). Si l’école est gratuite, il est tout de même nécessaire d’acheter un uniforme et la tenue de sport, ce qui, suivant le nombre d’enfants scolarisés peut représenter un certain coût.

La situation en Birmanie semble toutefois évoluer dans le bon sens, avec la libération d’ Aung San Suu Kyi et son élection en tant que députée en avril 2012. C’est vraiment particulier de sentir aussi proche de soi une situation relatée dans les journaux.

Nous avons passé beaucoup de temps à l’orphelinat, et n’avons pas vraiment eu le temps de visiter la ville de Mae Sot, mis à part les marchés. Mae sot possède un marché couvert, plus ou moins intéressant selon ce qu’on cherche, et une multitudes d’échoppes ou de magasins proposant tout ce dont on peut avoir besoin.

Nous retiendrons le magasin d’oeufs, qui vend uniquement des oeufs:

Et les vendeurs d’anguilles de toutes sortes:

Très peu de photos pour cet article, mais je me rattrape dans l’article suivant, promis!

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