Trek dans les Annapurnas

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Ça y est, la fête est finie! Après avoir confiés nos habits tout colorés de la veille à la laverie (sans trop d’espoir quand même) nous quittons Pokhara, direction la haute montagne. N’étant pas tous de grands sportifs nous avons opté pour un trek plutôt facile et qui n’atteint pas des altitudes trop élevées pour éviter le mal d’altitude. (Romain a encore des mauvais souvenirs d’un trek en Ethiopie à plus de 4000m…)

Le trek “Annapurna Panorama” semble répondre à ces critères : 6 jours de marche à raison de 5h à 6h de marche par jour et une altitude maximal de 3200m. C’est une boucle qui nous conduit sur les contreforts des plus hauts sommets de la chaîne des Annapurnas, tout en traversant des forêts entières de rhododendrons, tous fleuris en cette saison.

Jour 1: Pokhara (900m) – Naya Pul (2070m) – Ulleri (1960m)

Le propriétaire de l’hôtel, très sympa, nous a aidé à préparer le trek, en nous proposant les services de 2 porteurs : Lhaksam, qui parle très bien anglais et connait la montagne comme sa poche, et ?????, un nom que nous n’avons jamais réussi à prononcer correctement durant les 6 jours qu’a duré le trek. Le patron de l’hôtel nous trouve aussi un taxi pour nous rendre de Pokhara à Naya Pul, le départ de la marche. Par contre il a vu un peu petit et nous nous demandons comment nous allons tous pouvoir rentrer quand on voit la voiture arrivée. Nous sommes six, plus les deux porteurs, plus le chauffeur du taxi, plus bien sûr les sacs. Ces derniers trouvent leur place sur le toit, bien ficelés pour résister aux “aléas” des routes népalaises. Les deux porteurs quand à eux s’assoient côte à côte sur la place avant, excepté quand on passe des barrages de police, au quel cas ils se mettent l’un devant l’autre pour que le policier ne voit qu’une tête en regardant la voiture de face…le plus fou c’est que ça marche !

Nous arrivons à Naya Pul après une bonne heure de route. Catherine, Géraldine et Vincent s’achètent des bâtons en bois pour soulager un peu leurs genoux pendant la marche…ce ne sont pas des bâtons de haute technologie mais à 50 roupies, ça ne vaut pas le coup de s’en priver!

Après avoir traversé Naya Pul et montrés nos permis de trek (obligatoires), nous commençons à grimper. Les paysages sont arides et le soleil tape dur mais nous marchons tranquillement pour économiser nos forces.

Nous faisons également pas mal de pauses à l’ombre car les porteurs eux aussi ont besoin de se reposer.

A l’heure du repas, nous nous arrêtons dans notre premier “tea house” les restaurants qu’on trouve tout le long du chemin. On y trouve du Dal Bat (lentilles et riz), des Chowmein (nouilles), des plats à base de pomme de terre et de fromage de yak et bien sûr des momos (raviolis cuits à la vapeur, notre péché mignon au Népal), tout ce qui faut pour reprendre des force avant d’affronter la montagne!

Nous arrivons à un premier village en milieu d’après midi. Nous hésitons à nous arrêter là pour la nuit, mais décidons finalement d’affronter tout de suite l’escalier de pierre de 3300 marches qui nous mène à Ulleri, le second village. Ça sera ça de moins à faire demain matin !

Les porteurs galèrent pas mal, on se demande si on ne les aurait pas un peu trop chargés. S’en suit un débat sur la culpabilité de faire porter ses affaires par quelqu’un d’autre…Les porteurs, eux nous assurent que tout va bien, qu’il ont déjà porter des charges beaucoup plus lourdes! Le lendemain, Romain décidera de porter toutes ses affaires lui même et on récupérera quelques affaires dans nos petits sacs pour alléger un peu les bagages que nous confions aux porteurs.

Nous venons à bout, non sans mal, de l’interminable escalier et passons une première nuit dans un lodge simple mais propre. La température descend vite la nuit à 2000 m d’altitude et nous sommes contents d’avoir emmenés nos sacs de couchage.

Jour 2: Ulleri (1960m) – Banthanti (2210m) – Ghorepani (2860m)

Départ pas trop tardif car une longue journée nous attends. Après avoir déjeuné de pancakes, de toasts et d’omelettes, nous somme prêts pour continuer l’ascension. Les premiers rhododendrons font leur apparition.

Bien que ça soit la saison sèche nous passons à coté de quelques belles cascades.

L’eau semble vraiment très propre. Nous remplissons d’ailleurs nos bouteilles aux robinets dans les villages, mais préférons y ajouter une pastille de micropur, dans le doute…

Nous déjeunons au soleil, sous les yeux d’un petit bébé népalais qui n’est pas laid! Il a été “posé” au milieu du restaurant, pendant que ses parents sont au fourneau sans doute.

Nous arrivons à Ghorepani, un des villages les plus élevés du trek. En fin de journée, le temps est nuageux, mais une petite éclaircie nous offre un bref aperçu du paysage qui nous entoure.

Le village est très joli avec toutes ses maisons bleues.

Certains s’offrent même le luxe de faire un volley à près de 3000 m d’altitude.

Nous préférons rentrer au chaud, au près du poêle à bois qui réchauffe la salle à manger du lodge 😉

Jour 3: Ghorephani (2860m) – PoonHill (3210m) – Deurali (2983m) – Tadapani (2680m)

Aujourd’hui est un grand jour, départ à 5h du mat, avant le lever du soleil. Nous montons à Poon Hill, point le plus haut du trek d’où l’on peut observer toute la chaîne des Annapurnas. Nous nous équipons de frontales mais la pleine lune est presque suffisante pour éclairer le chemin.

Aucun risque de se perdre de toute manière car la montée se fait à la queue-leu-leu avec les 300 autres personnes qui montent sur la colline chaque matin. Il faut dire que le spectacle vaut le coup d’œil.

Nous profitons d’une très belle vue de l’Annapurna I (8091m) et de l’Annapurna South (7219m), mais surtout du Dhaulagiri I, septième plus haut sommet du monde avec 8167m d’altitude.

Nous redescendons à l’hôtel pour prendre un petit dèj bien mérité. La suite de la journée sera tout aussi époustouflante en terme de paysages. Nous traversons des forêts de rhododendrons qui forment un tapis rose recouvrant la montagne et les sommets enneigés sont toujours là en arrière plan.

Bravo à Catherine qui a mit sont t-shirt adapté au camouflage dans les rhododendrons:

Nous longeons une longue crête pendant près d’une heure puis redescendons pour s’enfoncer dans la forêt. Nous empruntons ensuite des chemins escarpés taillés dans les parois d’une gorge avant de nous arrêter pour la pause du midi. Le village dans lequel nous voulons nous arrêter pour la nuit (Tadapani) est encore loin et nous marchons depuis 5h du mat’. Lhaksam nous explique qu’il n’y a pas toujours de chambre de libre à Tadapani car il s’agit d’un carrefour situé sur la route de plusieurs treks. Sur la fin du parcours, je pars en éclaireur avec Vincent pour essayer d’arriver assez tôt. Nous trouvons finalement une chambre sans souci car nous sommes en milieu d’après midi. En même temps ce n’est pas les lodges qui manquent: ils sont regroupés en petit hameaux tout au long des chemins de trek, on en trouve toute les heures de marche environ. En puis les chambres sont vraiment données (environ 1€ la chambre double!). Par contre ils se rattrapent sur la nourriture qui est 2 à 3 fois plus chère que dans la vallée.

Nous rencontrons les deux belges dont nous avons fait la connaissance à Pokhara, qui font le même trek que nous. Nous nous croisons régulièrement et elles nous font bien rigoler avec leur accent!

A la fin de la journée, étirements obligatoires pour ne pas trop souffrir le lendemain matin 😉

Ici encore la vue est magnifique, surtout au petit matin, quand le temps est bien dégagé.

Jour 4: Tadapani (2680m) – chuile (2245m) – Gurajung (2050m) – Jhinudanda (2170m)

Nous continuons notre route. Aujourd’hui, plus de forêt de rhododendrons mais nous traversons de jolies cultures en terrasse.

On y plante beaucoup de blé ainsi que du riz (selon l’altitude et l’eau disponible). Etant donné la taille et la forme des parcelles cultivées, tout le travail se fait à la main, notamment la moisson:

Nous finissons notre étape en arrivant à Jhinudanda en début d’aprèm, cela nous laisse le temps de profiter des sources chaudes en contrebas. Seul Frutz (Romain), Bobby et moi trouvons l’énergie nécessaire pour marcher encore une demi heure jusqu’aux sources, mais nos efforts ne sont pas vains: Nous nous baignons pendant une bonne heure dans une eau à 35°C, rien de tel pour se remettre d’aplomb après 4 jours de marche.

Le lieu sert également de salle de bain pour les habitants du village, car peu de maisons sont équipées d’eau courante, et encore moins d’eau chaude!

Jour 5: Jhinudanda (2170m) – Landruk (1565m) – Tolka (1700m)

Aujourd’hui, la journée de marche va être courte. Pourtant tout avait bien commencé….Nous quittons Jhinudanda et ses sources chaudes sous un soleil radieux. Nous croisons en chemin des moutons qui prennent de l’altitude, pour échapper aux grosses chaleurs de la vallée en été.

Nous traversons bon nombre de ponts suspendus, tous plus vertigineux les uns que les autres:

Malgré que je ne sois pas ingénieur en génie civil, je ne pense pas que ça soit la méthode optimale pour raccorder deux câbles en tension…

Mais bon, pas le choix, on traverse…et ça tient!

C’est l’après-midi que les choses commencent à se gâter: nous nous arrêtons à midi pour manger à Tolka, mais la pluie se met à tomber. D’abord une petite pluie légère, nous décidons d’attendre un peu que ça passe. Finalement, la pluie redouble d’intensité. C’est sûr, nous n’irons pas plus loin aujourd’hui. Nous passons l’après midi autour du poêle à bois, à jouer au tarot!

Nous profitons d’une petite éclaircie pour nous balader dans le village. Nous rencontrons des petits chevreaux qui s’amusent à nous téter les doigts.

Jour 6: Tolka (1700m) – Deurali (2100m) – Potana (1890m) – Dhampus (1650m)

Dernier jour de marche. La pluie de la veille s’est transformée en neige sur les sommets et au réveil, le temps dégagé nous offre un spectacle merveilleux.

Le début de journée est agréable car avec peu de dénivelé. Nous observons une dernière fois le Machapuchare, considéré comme le plus beau sommet du Népal. Le nom signifie queue de poisson en Népalais, à cause de la forme du sommet (voir photo ci-dessous). C’est un sommet sacré qui est par conséquent interdit aux Alpinistes (selon les hindouistes, c’est la demeure de Shiva, ce n’est donc pas de bon augure d’aller le déranger)

Avant d’entamer la descente infernale, nous faisons une pause dans un magnifique petit village (pour ne pas changer).

Les quelques heures de descente qui suivent sont éprouvantes pour les genoux mais c’est le dernière effort à fournir. Un mini bus nous attend au prochain village.

Nous manquons tous de nous endormir pendant l’heure de trajet qui nous ramène à Pokhara. Nous sommes heureux de rentrer nous reposer, mais tristes de retrouver la civilisation…Nous étions si bien dans les montagnes, coupés du monde pendant presque une semaine.

Nous quittons Pokhara le lendemain, en faisant nos adieu à Bobby, notre compagnon de route bisontin. Après quelques jours de repos, il souhaite repartir avec Lhaksam pour un autre trek plus ardu.

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6 responses »

  1. ah ca fait du bien de revivre ces bons moments passes ensemble… bonne continuation en Inde et a tres tres bientot!

  2. Yo !
    Bien cool ce trek, les sommets sont superbes. Sysmo, t’as une de ces gueules avec les cheveux détachés… Au top le mec.
    Prenez soin de vous, bonne fin de trip…

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