Vous prendrez bien une tasse de Darjeeling?

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Jeudi 11 avril 2013, nous quittons Nargarkot, petit village du Népal afin de nous rendre à Kakarbhitta pour traverser la frontière et enfin faire nos premiers pas en Inde.

L’Inde revêt pour nous une excitation toute particulière, mêlée d’appréhensions diverses et variées, car au delà du fait que c’est notre dernière destination, nous avons entendu tout et son contraire sur ce pays. Une chose est sûre, l’Inde ne laisse pas indifférent!

Mais avant d’en arriver là, de longues heures de transports nous attendent (quelques 18h de trajets!).

Pour la peine, nous optons pour un bus touristique (c’est à dire qui inspire confiance de l’extérieur, mais qui une fois à l’intérieur ressemble à un bus local).

Après quelques sueurs froides, nous arrivons au petit matin à Kakarbhitta, et prenons la décision d’éviter, autant que faire ce peut, l’utilisation des bus pour nos prochains déplacements!

Les douaniers népalais figurent parmi les douaniers les plus sympas qu’ils nous aient été donné de rencontrer au cours de notre voyage. En cinq minutes à peine, toute les formalités sont réglés, et avec le sourire en prime.

Il ne nous reste plus qu’à traverser le pont, avec vue sur les rizières fluorescentes, et nous serons en Inde.

L’agent de l’immigration indienne, quant à lui, met un peu plus de temps à se détendre. Mais bon, on ne lui en veut pas, il n’est pas encore 7h30. En plus l’accent anglais indien n’aide pas toujours pour la fluidité de la conversation. Après avoir remplis plusieurs formulaires, nous finissons par obtenir nos sésames, et notre douanier nous indique même comment poursuivre notre route jusqu’à Darjeeling.

Nous optons pour la solution “bus local” jusqu’à Siliguri, puis jeep “collective” pour les 3 heures de routes sinueuses. “Collective” n’est pas un vain mot, car nous sommes 12 personnes entassées dans le véhicule. Inutile de vous préciser notre soulagement à l’arrivée.

Pour l’instant, nous ne sommes pas vraiment dépaysés, Darjeeling ressemble beaucoup au Népal. De nombreux népalais y habitent et ici on parle beaucoup plus népalais qu’hindi.

Pierre nous dégote un petit hôtel très sympathique pour nous reposer quelques jours, car le trek dans les Anapurnas a quand même laissé des traces!

Dès notre arrivée nous croisons Laurent, un français qui voyage sur les chemins du thé en Inde depuis quelques mois. Il nous emmène goûter de délicieux “momos” (ces fameux petits raviolis fourrés aux légumes ou à la viande) dans une petite échoppe de rue. Nous nous laissons même tenter par un hamburger végétarien. Nous goûtons aussi notre premier “chai” (thé (très) sucré avec des épices et du lait), pas mal du tout!

Laurent, qui a possédé pendant une dizaine d’année un salon de thé dans le sud de la France, nous apprends que le thé de darjeeling est considéré comme le champagne des thés. Ce que la municipalité ne semble pas ignorer: sur cette affiche une tasse de darjeelling partage la vedette avec un verre de champagne et un verre de cognac!

Celà dit, selon notre routard, le meilleur du thé de darjeeling est directement exporté et il est difficile de le goûter sur place (sauf dans les salons de thé très chic). Nous achetons tout de même quelques échantillons que nous dégusterons une fois revenus en France.

Nous nous donnons rendez-vous le lendemain matin avec Laurent pour partir à la découverte de la ville. Mais pendant la nuit, Pierre est malade. Nous nous octroyons donc deux jours de repos absolus.

Notre seule sortie autorisée est sur la terrasse de l’hôtel, où nous avons, à postériori, de bonnes raisons de croire que nous avons croisés deux enquêtrices du routard sans le savoir (elles sont plutôt discrètes à ce sujet).

Heureusement pour nous le restaurant de l’hôtel est plutôt bon. Pierre se régale de pain tibétain accompagné de beurre de cacahuète, son petit péché mignon depuis notre volontariat en Thailande!

Après ces quelques jours de farniente, nous décidons d’aller prendre nos billets de trains pour notre prochaine étape: Varanasi. L’achat des billets de train semblent être toute une aventure. Pour cette fois, on passe par une agence de voyage, même si il y a une petite commission.

Il nous reste deux jours pour profiter de Darjeeling.

Je n’ai pas encore parler de la météo. En effet les magnifiques vues sur les plantations de thés et les cultures en terrasses sont quelques peu cachés par une brume permanente et tenace. Nous aurons même droit à un gros orage avec coup de tonnerres et averse grêle. La température est fraîche, on ne quitte pas nos polaires!

Mais il en faut plus à Pierre pour renoncer à se balader. Ses pas le guide jusqu’au jardin zoologique où il a pu admirer entre autres: tigres, panthères, léopards, et même léopards des neiges, loups blancs, et bien sur l’animal du cru : le yak, que nous n’avons pas eu la chance de croiser pendant notre trek au Népal.

Pierre fait un détour par le musée de l’alpinisme qui présentent tous les équipements qui ont été nécessaires aux différents expéditions.

Le lendemain, Pierre pousse jusqu’aux plantations de thés.

C’est dommage car c’est l’heure de la pause déjeuner, l’usine est donc au plus calme. Pour vous donner une idée de la qualité du thé, la plantation Happy valley destine sa production exclusivement aux magasins Harrods de Londres.

Il est bien agréable de se promener dans les rues de Darjeeling, enfin dans les plus calmes qui échappent aux trafics incessants des nombreuses jeeps (un des seuls moyens de locomotion utilisés dans la région).

En marchant, notre regard est attiré par des dizaines de tuyaux qui courent dans les rues. Nous prenons alors conscience d’un des gros problèmes de l’Inde: l’alimentation en eau. D’une part, l’eau est rare, surtout dans cette région semble-t-il, mais d’autre part, sa distribution est complexe: là où chez nous un gros tuyau commun assure la distribution de l’eau, ici des dizaines de tuyaux particuliers acheminent avec plus ou moins de difficultés l’eau jusque dans les habitations.

Nous croisons régulièrement des habitants qui font la queue avec des bidons pour les remplir aux robinets dans la rue, dont l’eau s’écoule souvent au goutte à goutte. Toutes les maisons ne possèdent pas l’eau courante.

La précarité des hommes de la DDE locale nous interpellent aussi. Ces hommes coupent du bois afin de faire chauffer des bidons entiers de goudrons qu’ils disposent ensuite sur les routes à l’aide de simples brouettes et pelles.


De plus, ils incrustent un à un des petits cailloux dans la route, sans doute pour que les véhiculent agrippent mieux quand le froid est là.

On trouve aussi à Darjeeling des monuments très anglais, qui une fois la nuit tombée, le brouillard présent et les réverbères allumés, donne une ambiance londonienne, les traces de l’ancienne colonie sont bien là…

Après cette petite semaine de repos, nous reprenons la route. La vue est un peu plus dégagée pour cette dernière matinée à Darjeeling.

Nous trouvons une jeep pour nous conduire à la gare de Silliguri. Nous sommes dubitatifs quant aux pneus: une bande de caoutchouc a été rajoutées par dessus le pneu. Mais il semblerait qu’il en soit ainsi pour tous les véhicules!

Nous sommes de nouveaux bien nombreux dans la jeep, mais nous relativisons une fois encore: c’est toujours mieux que de voyager sur le toit ou accrocher derrière. Et c’est parti pour 3h de descente en lacets!

En chemin nous doublons le petit train de la montagne, dont le chemin de fer est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il remplace l’ancien train à vapeur qui n’effectue plus que quelques sorties dans la semaine. Apparemment il faut quand même avoir de bonne jambes pour le prendre!
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De notre côté, nous prenons en fin d’après-midi notre premier train de nuit, une aventure en soi, que je vous raconterai au prochain épisode!

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