Monthly Archives: August 2013

Une nuit dans le désert

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Lundi 13 mai 2013, 21h15: Une demi-heure avant le départ, nous nous rendons au quai indiqué sur les panneaux d’affichage de la gare. Notre train est déjà là et nous y montons, contents de pouvoir nous installer le plus vite possible dans nos couchettes. D’ailleurs le train part avec un quart d’heure d’avance, pour une fois nous serons peut-être à l’heure à l’arrivée! Mais les choses se gâtent… Il y a déjà quelqu’un à ma place. Après vérification de son billet, il ne fraude pas: nous avons bien tout les deux les mêmes numéros de place! Hum, étrange… l’homme nous annonce alors que nous ne sommes pas dans le bon train et nous mettons quelques minutes à comprendre qu’il a raison!! On comprend mieux alors le départ anticipé. Dans notre détresse et parmi la foule d’indiens nous apercevons un autre couple de touristes en pourparler avec un contrôleur. Il s’avère que (outre le fait qu’ils soient français), ils sont exactement dans la même situation que nous. Mais pas d’inquiétude, 5 minutes plus tard, le train fait demi-tour et retourne à la gare de départ. Est-ce suite à leur demande ou s’agissait-il d’un manœuvre planifiée…nous ne le saurons jamais, mais nous sommes bien contents de pouvoir redescendre et attraper le bon train cette fois.

La suite du voyage se déroule sans encombre et nous arrivons de bon matin à Jaisalmer. Encore tout endormis, nous suivons un chauffeur/rabatteur qui nous emmène dans son hôtel, et pas celui qu’on lui avait demandé. On commence à être rodé à ce petit jeux 😉 Après une longue hésitation, nous décidons de ne pas séjourner dans son hôtel et nous arrivons à nous éclipser après un long baratin (ça nous aura quand même fait économiser une course de taxi!) Nous n’aurons pas trop de mal à trouver un autre hôtel en plein cœur de la forteresse car la ville est désertée des touristes à cette saison. Il faut dire qu’il fait un bon 45°C au plus chaud de la journée, ce qui n’est pas très propice à la balade.

Pourtant la ville est magnifique, posée en plein milieu du désert et surplombée par sa forteresse qui ressemble à un château de sable géant. On la surnomme la ville jaune.

On y trouve des havelis, des demeures somptueuses construites par de riches marchands.

Certaines se visitent comme de véritables musées.

Nous passons une bonne partie de la journée à déambuler dans les petites ruelles et à se perdre dans la ville. C’est très vivant et pittoresque.

Le lendemain nous partons en expédition dans le désert, pour y passer une nuit à la belle étoile. Le propriétaire de l’hôtel qui nous à organisé le tour, nous confie à un chauffeur, qui lui même va nous confié à son frère qui nous conduit jusqu’à Barna. Après une bonne heure de Jeep nous arrivons dans ce petit village, dans lequel la civilisation semble bien éloignée. Pas de rue, pas de route, pas d’eau courante, les bâtiments sont fait de torchis.

Nous sommes alors confiés au chamelier qui, après avoir sellé les dromadaires nous laisse partir avec deux jeunes du village en promettant de nous rejoindre plus tard (on l’attend toujours!) Le démarrage est fort en sensation, surtout le moment où le dromadaire se lève! Après ce petit rodéo nous nous laissons bercer par le balancement régulier de l’animal.

Nous apprécions les paysages du désert et observons les animaux qui vivent dans cet environement très aride.

Après deux heures de balade nous nous dirigeons vers une zone de dune (un erg, pour les connaisseurs ou les cruciverbistes 😉 ). C’est là que nous allons manger et passer la nuit. Nous ne sommes pas fâché de nous arrêter car on ne peut pas dire que le dromadaire soit le moyen de transport le plus confortable qu’on ait pris depuis le début du voyage.

Visiblement nous ne sommes pas les seuls à être fatigués puisque Kaloo et Papaya, nos deux montures, ont l’air épuisées aussi!

Seuls nos deux jeunes guides sont pleins ressources et s’en vont parcourir le desert à la recherche de bois mort pour faire le feu. Ils nous préparent ensuite des pakoras et un dhal bat avec les moyens du bord (la vaisselle est nettoyée au sable…original mais assez efficace).

Nous profitons du coucher de soleil, seuls, en plein milieu du désert…un moment magique!

Enfin, “seuls” pas vraiment puisque nous sommes envahis par des dizaines de scarabées qui courent partout sur le sable et qui se font une joie de venir nous grimper dessus.

Nous nous couchons dans un silence absolu, avec un panorama merveilleux sur le ciel étoilé…seul l’odeur laisse un peu à désirer car notre lit est fait avec les couvertures qui servent à positionner la selle sur le dos du dromadaire. Nous ne sommes pas mécontent d’avoir pris nos propres sacs de couchage 😉

Nous sommes réveillés de bonne heure car le soleil se lève tôt. Nos deux guides s’empressent de rallumer un feu pour préparer le chai (thé indien).

Après le petit déjeuner nous nous baladons à pied dans les dunes puis remontons sur les dromadaires pour prendre le chemin du retour vers le village.

Après avoir récompensé nos “chameliers juniors” pour leur professionnalisme, nous visitons le village dans lequel la vie semble s’écouler lennnnnntement, rythme imposé par la chaleur assommante qui règne dans le désert. Notre jeep est au rendez-vous et nous retournons à Jaisalmer, pas mécontent de pouvoir prendre une douche rafraîchissante.

Nous quittons la ville par le train de 23h30, ce qui nous laisse le temps de se balader encore une fois dans le dédale de ruelle de la forteresse, et d’apprécier la vue depuis les remparts.

Le gérant de notre hôtel est sympa puisqu’il nous laisse profiter de notre chambre gratuitement jusqu’au soir. Cela nous permet de bien nous reposer après cette nuit à la belle étoile, d’autant plus que l’étape qui nous attend va être longue: Après une nuit dans le train nous arrivons à Jodhpur au petit matin, et nous avons tout juste le temps de sauter dans le bus qui nous conduit à Udaipur, où nous arriverons dans l’après-midi, 7h de route plus tard…

A la tombée de la nuit, je m’offre une petit promenade au bord du lac, tandis que Géraldine reste à l’hôtel pour se reposer. Le quartier qui borde le lac est vraiment joli, et je comprend pourquoi Udaipur est aussi appelée la petite Venise indienne.

Le lendemain, je me balade du coté du City palace, l’ancien “QG” des Maharajas! Si l’extérieur est grandiose, l’intérieur me passionne moins (on peut y voir la chambre du maharaja, les peintures du maharaja… les toilettes du maharaja…)

En me baladant sur les quais, je discute avec un musicien qui est posé là, avec toute sa famille. Il essaye de me vendre son instrument, confectionné par ses soins, mais je m’en sort en expliquant que je n’ai pas assez de place dans mes bagages!

En marchant dans les jardins du palace je me demande quels sont les fruits bruns qui jonchent le sol; j’ai ma réponse en levant la tête!

Ce ne sont pas des fruits mais des crottes de chauve-souris !! Et quelles chauve-souris ! Je n’en ai jamais vu des si grosses, elle font la taille d’un poulet ! (d’ailleurs ici, en anglais, on les appelle “vampire” et non “bat”)

Je ne m’éternise pas trop dans le coin!

Au coucher du soleil, je me pose aux lavandières (les quais utilisés pour faire la lessive) pour observer le spectacle incessant de la vie indienne. Je contemple, au milieu du lac Pichola, le Lake palace, un des symbole de la ville. Construit par un maharaja, il a aujourd’hui été transformé en hôtel de luxe.

Dimanche 19 mai 2013, c’est notre dernier jour à Udaipur et nous décidons de tenter un nouvelle fois des cours de cuisine après un échec cuisant, c’est le cas de le dire, à Jodhpur. Pour cette nouvelle tentative, nous nous rendons dans notre resto favoris. Nous y avons rendez-vous avec un des cuistots, qui nous apprend à faire du riz biryani, des naans, des malai kofta, des aloo jeera et du sahi paneer. Notre professeur est très intéressant et le résultat ravi nos papilles. Nous espérons pouvoir refaire ça une fois rentrés en France.

Nous quittons Udaipur dans l’après midi et c’est reparti pour plusieurs dizaines d’heures de train.

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Pushkar, la blanche et Jodhpur, la bleue

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Dans le train pour Pushkar, nous apprécions une nouvelle fois la convivialité et l’hospitalité de certains indiens. Un homme, qui parle un bon anglais, discute avec nous pendant une bonne partie du trajet. Il travaille à l’Indian Railways (l’équivalent de la SNCF en Inde) et appartient à une classe plutôt aisée vu le nombre de maisons qu’il possède. Arrivés à Ajmer, il nous aide à trouver un bus vers Pushkar ce qui nous permet de payer seulement quelques roupies, au lieu du prix “touriste”. Nous attendons le bus presque une heure mais notre compagnon de train reste avec nous pour être sûr que nous montions dans le bon véhicule. Son aide ne sera d’ailleurs pas négligeable quand le bus arrive enfin et qu’une cohue d’une vingtaine de personnes se précipite à ses portes… Notre ami indien passe nos sacs par la fenêtre à des passagers du bus pendant que nous essayons de jouer des coudes pour monter. Le trajet est rapide et nous arrivons enfin à Pushkar, une mignonne petite ville toute blanche, lovée autour d’un lac et dominée par des collines.

En plus d’être un haut-lieu de la religion hindou, Pushkar est célèbre pour sa fameuse foire aux chameaux qui a lieu tous les ans en novembre, et qui est considérée comme la plus grande du pays. Même si nous ne sommes pas à la bonne période, on croise des chameaux à chaque coin de rue.

Après la sieste réglementaire pour éviter les grandes chaleurs, je pars explorer les environs. Je grimpe au Savitri, un temple perché sur une colline au sud-ouest de la ville. Pendant la grimpette d’une bonne quarantaine de minutes je croise plein de singes qui me font presque rebrousser chemin. Ils sont installés en travers du passage par dizaines, et ceux qui ont des enfants sont très agressifs pour protéger leurs progénitures.

Arrivé en haut le panorama est à couper le souffle. On distingue bien le lac carré entouré de la ville, dont tous les bâtiments sont peints en blanc.

Et tout autour, le désert…

Le lendemain je me réveille avec une petite surprise. Je n’ai pas très bien dormi car j’avais comme des démangeaisons pendant la nuit. En me levant je comprend mieux pourquoi, je suis “mitraillé” de petits boutons rouge dans le dos, alignés par série de trois ou quatre. Puces, punaises de lit? Géraldine qui a dormi dans le même lit n’a rien! Par précaution, la propriétaire de l’hôtel nous propose de changer de chambre même si la propreté du lit n’avait rien de suspecte…

Tout en me grattant dans tout les sens, je pars me promener sur les berges du Lac avec Géraldine. A l’aurore, les Ghats (quais du lac) sont le théâtre de rituels religieux en tout genre : offrandes, ablutions, prières. On retrouve l’ambiance très spirituelle de Varanasi. En revanche, ici, les photos sont interdites ce qui n’est pas plus mal pour la tranquillité des pèlerins. Pour vous donner une idée, voici une représentation du lieu en peinture.

Nous profitons du reste de la journée pour nous promener dans la ville et apprécier les scènes de la vie quotidienne.

La journée du 11 mai est une journée de transit. Nous regagnons Ajmer en bus puis prenons le train pour Jodhpur. Nous y arrivons avec 2h30 de retard, c’est à dire vers minuit, ce qui ne nous réjouis pas trop car nous n’avons nul part où dormir! Nous repérons une adresse dans le routard et demandons à un chauffeur d’auto-rickshaw de nous y emmener. Il acquiesce mais nous emmène en réalité dans un autre hôtel (tenu par sa tante, comme par hasard) en prétextant que l’hôtel de notre guide est fermé…Le coup classique! Nous discutons longuement avant qu’il accepte de nous emmener à l’endroit convenu initialement. Bon…il se trouve que l’hôtel est réellement fermé, voir même abandonné 😦 Sachant qu’on est en pleine nuit, que les rues sont désertes et que tout est fermé on retourne finalement chez la tante du chauffeur qui s’avérera être plutôt sympathique.

Après une bonne nuit de repos, nous profitons de la terrasse pour prendre le petit déjeuner en admirant le fort de Mehrangarh.

Comme nous sommes les seuls clients de l’hôtel, le restaurant n’est pas ouvert mais la gérante nous propose de partager avec nous le repas qu’elle prépare pour sa famille, ce que nous acceptons volontiers. Nous l’aidons un peu pour la cuisine ce qui nous permet d’apprendre quelques techniques indiennes. La femme est jaïne ce qui lui interdit de consommer de la nourriture qui n’a pas été préparée le jour même. Tout est donc préparé en direct, sous nos yeux. Comme à chaque repas depuis que nous sommes en Inde, nous nous régalons.

Nous partons visiter la vieille ville dans l’après-midi.

En fin de journée, nous sommes interrompus par un orage accompagné d’une petite tempête qui soulève des nuages de poussière et rend les rues impraticables.

Le lendemain, forts de notre petite expérience en cuisine, nous décidons de prendre des vrais cours de cuisine indienne. Nous nous rendons au rendez-vous mais la prof de cuisine officielle n’est pas là et c’est sa sœur qui la remplace. Dans les cinq premières minutes nous comprenons que la femme n’a jamais donné de cours de cuisine, et même peut-être jamais cuisiné de sa vie !! C’est la cata et nous essayons de l’aider sans trop la vexer. Nous mangeons ensuite le biryani qu’elle a essayé de nous cuisiner mais les oignons sont brûlés, le riz n’est pas cuit et l’assaisonnement est à revoir. Nous fuyons dès qu’on peut…et passons manger au resto !

L’après-midi est plus intéressante, nous nous rendons au fort de Merhangarh, qui surplombe la ville.

La forteresse a été construite en 1459 par Rao Jodha, qui a donné son nom à la ville (Jodhpur). Nous prenons un audioguide pour profiter au maximum de la visite.

L’intérieur comme l’extérieur est finement décoré, de quoi héberger dignement les Maharajas qui vivaient ici jusqu’au début du XXème siècle.

Mais le clou du spectacle, c’est le panorama sur la ville bleue offert du haut des remparts. Je dirais même plus, la vue est canon 😉

Les couleurs ne sont pas sans rappeler les îles grecques.

Après les habituelles séances photos suite aux sollicitations des touristes indiens, nous redescendons à pied vers la ville. Nous traversons des rues pas très clean, mais où les vaches semblent se sentir à l’aise, même si la paille est remplacée par un tapis de déchets.

Nous passons une bonne partie de la soirée dans la gare car notre train ne part qu’a 23h45 et nous avons rendu notre chambre d’hôtel depuis midi, mais ce n’est pas un souci: dans les gares indiennes on ne s’ennuie jamais, observer le fourmillement incessant des passagers est une occupation à temps plein!